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日志


9月5日

Et retour sur la naturopathie

Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais en février-mars il y avait eu un gros débat sur Blada sur l'intervention d'une naturopathe sur RFO.

Suite de l'affaire...

L'affaire avait fait grand bruit dans le courrier des lecteurs de blada : RFO - tout comme ACG d'ailleurs, à la différence que cette dernière n'a pas de mission de service public - avait ouvert toutes grandes ses antennes à la promotion des vertus d'une grande prêtresse de la naturopathie. Le CSA réagit :

 Déontologie de l’information : RFO Guyane mise en demeure

Le Conseil a mis en demeure RFO Guyane à la suite de deux émissions, diffusées les 13 et 14 avril 2008 et consacrées à la naturopathie, dans lesquelles une praticienne a exposé les bienfaits de ses pratiques, notamment pour soigner des maladies graves voire incurables, sans qu’aucune contradiction ne lui ait été apportée. Elle a également communiqué ses coordonnées, ou les a fait communiquer par les animateurs, qui ont fait preuve d’une grande complaisance à l’égard des propos tenus.

De tels faits sont en contradiction avec les articles 1er et 43-11 de la loi du 30 septembre 1986 ainsi qu’avec le décret n° 87-239 du 6 avril 1987 fixant le régime du parrainage et de la publicité pour les radios privées, auquel renvoie l’article 36 du cahier des missions et des charges de RFO.

Le Conseil a également saisi le procureur de la République de ces faits et en a averti le conseil de l’Ordre des médecins.

8月7日

« aussi longtemps qu'il le faudra »

Decidement... je ne viens plus sur ce blog que pour pousser mon petit coup de gueule sur la Guyane.
Lors de son passage en Guyane, le petit Nicolas Sarkozy a lancé en grande pompe l'opération Harpie, plus efficace que l'opération Anaconda, pour lutter contre l'orpaillage illégal en Guyane. Cette opération devait durer « aussi longtemps qu'il le faudra ». Aujourd'hui s'en est finit! Pourquoi???
Explications ci dessous: 
 
Les causes de la conséquence :
pourquoi Harpie est remise en cage
par Gérard Police*
C’est à Brasília qu’il a été décidé de mettre en sommeil l’opération Harpie. Elle était trop efficace. Plus précisément, les tensions qui ont commencé à s’accumuler dans la région d’Oiapoque avec le succès du dispositif ont fait vibrer les fils ultrasensibles de la toile socioéconomique, géopolitique et diplomatique.

L’économie de la petite ville d’Oiapoque (certains parlent de 90%) repose sur les multiples activités liées à l’orpaillage, c’est-à-dire au pillage de la Guyane, et a sérieusement décliné ces derniers mois. C’est par Macapá que passent les flux commerciaux qui approvisionnent les garimperos clandestins de Guyane. L’économie de l’État d’Amapá, même modestement, est concernée. La nébuleuse interlope qui vit sur l’or clandestin voit ses intérêts menacés. Brasília sent monter la grogne et la pression des élus et responsables de l’Amapá, soucieux d’éviter tout risque de déstabilisation politique d’un État fragile, sous-développé, surtout quand l’un des sénateurs est un allié de poids du gouvernement Lula, José Sarney.

Les plaintes et récriminations contre la répression des forces françaises, contre les mauvais traitements subis par les Brésiliens en Guyane, les vexations et humiliations grandissantes (manipulés par le microcosme politique local et les médias écrits de l’Amapá et du Pará) se sont intensifiées avec les mesures françaises — et européennes — de lutte contre l’immigration clandestine, et l’efficacité du dispositif Harpie, après les résultats significatifs d’Anaconda. 

Les risques d’incidents se sont accrus, avec des militaires français ayant reçu consigne de riposter pourtant avec toute la mesure possible aux provocations, agressions, coups de fusil, passages en force de canots et pirogues. Le mot d’ordre absolu est de ne pas prendre le risque d’une bavure qui serait immédiatement montée en épingle et instrumentalisée dans le jeu politique de l’Amapá et, au-delà, pourrait entacher les relations entre la France et le Brésil (à quelques mois de l’année de la France au Brésil). Il y a eu en avril l’affaire Nerize, cette Brésilienne morte dans la Mana dans des circonstances confuses. La photo du cadavre flottant remorqué par les soldats français a scandalisé le parlement de Brasília. Le seuil de tolérance brésilien a été atteint.

Brasília, dont le comportement frise la paranoïa dès qu’une instance internationale se mêle d’évoquer le destin de l’Amazonie, supporte très mal toute présence étrangère forte près de sa frontière nord et amazonienne. Les promesses de coopération sécuritaire de la période Lula-Sarko sur l’Oyapock en février pèsent peu face à une mouvance nationaliste brésilienne discrète mais hypersensible et très agacée par le « vide amazonien », les « menaces contre la sécurité nationale », « la zone d’influence mili-tarisée euro-américaine » qui s’installe sur son flanc dégarni.

Un tel contexte n’est donc pas favorable à l’intensification des bonnes relations et des projets de coopération entre France et Brésil. Brasília l’a fait savoir ; Paris a fait un geste.

Sacrifiée aux intérêts supérieurs de la Nation et de la politique internationale dans l’ambiance feutrée des cabinets gouvernementaux, la Guyane française va donc devoir à nouveau affronter la recrudescence de la mise à sac de ses ressources.

6月12日

Boulanger : Agonie d'une crique, naissance d'un scandale

par l'association Maïouri Nature Guyane

« Douces douces les mélopées comme sirop dans nos veines
quand on les chante à l'envers on trouve la vérité. »
Elie Stephenson

A tous ceux qui croient encore qu'orpaillage légal et illégal sont fondamentalement différents du point de vue des dégâts infligés à la nature,

A tous ceux qui croient encore, naïvement, que les orpailleurs "légaux" sont par conséquent respectueux de l'environnement guyanais,

A tous ceux qui croient encore que la DRIRE protège efficacement le patrimoine naturel guyanais, en a la volonté et les moyens.

A tous ceux qui croient encore qu'il y aurait certains orpailleurs légaux exemplaires, comme la CMB par exemple, trop souvent citée comme "meilleur élève de la classe", guère brillante en réalité.

A tous ceux qui croient encore que la "re-végétalisation" si fréquemment brandie comme LE remède miracle, permet d'effacer les innombrables dégâts.

A tous ceux-ci qui vivent encore dans ces illusions, nous conseillerions d'ouvrir un peu les yeux : Réveillez-vous ! Ces imaginations utopiques n'existent que dans la charte de la FEDOMG, dans certains articles bienveillants ou encore dans certaines plaquettes publicitaires alléchantes des compagnies minières. En aucun cas dans la réalité.


Illusions ou mensonges ?

Le fait de jeter, déverser ou laisser s'écouler dans les eaux superficielles, souterraines, directement ou indirectement, une ou des substances quelconques dont l'action ou les réactions entraînent, même provisoirement, des effets nuisibles sur la santé ou des dommages à la flore ou à la faune, ou des modifications significatives du régime normal d'alimentation en eau ou des limitations d'usage des zones de baignade, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 75 000 Euros d'amende. Extrait de l'Article L216-6 du code de l'environnement.

Un simple coup d'oeil permet de s'en rendre compte, l'endroit est facile d'accès : Sur la route de Régina, 100m après l'intersection de Cacao, il y a un pont sur la crique Boulanger, et même un parking pour s'y arrêter.
L'eau, pour peu qu'on ose encore l'appeler ainsi, n'est plus que boue. La vase jaunâtre a recouvert les bancs de sable clair. De transparent, l'écoulement est devenu opaque. Les rochers sont recouverts de dépôts fangeux et salissants. L'endroit, il y a encore quelques années prisé des pique-niqueurs, était aussi un site d'observation des killies comme le Rivilus Xiphidus (véritable bijou mondialement connu). Il n'offre à présent plus aucun intérêt, le baigneur moyen ayant rarement le goût de ce type de décor :

La crique est morte. Dès sa naissance, au pied du sentier Molokoï, les pelleteuses ont ravagé ses sources, puis son lit : un paysage de guerre :

Empoisonnée à la source, la rivière n'est guère mieux préservée en aval : des millions de mètres cubes de déchets miniers ont été déversés dans l'ancien lit. Le cours d'eau est largement détourné. Les parois bourbeuses sont régulièrement percées par de vieilles barranques qui dégueulent sans cesse leur trop plein limoneux :

La rivière étouffe dans cette nouvelle peau boueuse et artificielle, sous les cadavres végétaux rejetés là par les bulls, la crique boulanger est massacrée :

Ces lessivages continuels des sols boueux et spongieux alimentent de fait un flot d'une turbidité impressionnante. L'érosion continue, les déchets miniers se dissolvent peu à peu et alimentent en permanence le cours d'eau. La vie aquatique est détruite, les poissons disparus, la flore éradiquée. Les martins-pêcheurs sont mystérieusement absents.

Non, ce n'est pas "une averse", la situation dure maintenant depuis plusieurs années. Non, ce n'est pas un ruissellement ponctuel. Légaux ou illégaux, les sites même arrêtés continuent à polluer pendant des années.

Parlons de la "réhabilitation"… Au vu de l'état de cette mine du "meilleur élève de la classe", après exploitation, on aurait plutôt tendance à penser à une vaste escroquerie consistant à endormir l'esprit crédule avec de jolis termes. A faire croire que les sites d'orpaillage, lorsqu'ils sont légaux, redeviennent forêt primaire rapidement.

Dans les faits, les centaines d'hectares bordant la crique Boulanger sont un immense terrain vague offrant comme seule végétation quelques touffes d'herbe éparses. Sur des kilomètres et des kilomètres, sol et végétation sont détruits.
Effectivement, pas de traces de carbets clandestins ou de vielles barges coulées. Mais ce spectacle là est-il plus réjouissant ?

"Ayez confiansssssss…" dirait l'autre.

Cette pseudo "re-végétalisation" n'est, en attente de preuve du contraire, qu'un écran de fumée qui dure depuis une dizaine d'année. Une collection d'expérimentations, appliquées ou non selon le bon vouloir du minier. C'est si pratique d'avoir quelques chercheurs qui amusent la galerie en expérimentant sur quelques hectares pendant qu'on continue de ravager…

Efficace ? Rien ne le prouve, et surtout pas ces images.
Non, pour l'instant, ON NE SAIT PAS révégétaliser à grande échelle, on ne sait pas réparer ces dégâts qui, s'ils sont certes bien moindre que ceux des clandestins par mètre carré travaillé, sont BIEN PLUS GRAVES au vu de la surface impactée (déforestation, lessivage, érosion, impact sur le réseau hydrographique…). La région de Maripasoula doit d'ailleurs se préparer à trembler face à l'arrivée d'une autre multinationale canadienne, qui prévoit une mine de plusieurs milliers d'hectares.

Sans compter, évidemment, sur le fait que les miniers eux-mêmes tentent pour certains de se placer sur un marché qui pourrait devenir porteur (récoltant les budgets que l'état aura accordé pour réparer leur propre destruction). Tout le contraire du principe "pollueur payeur", ici, on est dans le monde du principe "Miniers pollueurs, citoyen payeur". Avec à ce jour, encore et toujours une taxe minière scandaleusement basse à 0,5% au regard du cours d'or à ses plus hauts sommets historiques. A quand la taxe sur l'or à 20%. Que nous autres, Guyanais, profitions au moins un peu des ravages causés au pays ?

Non, l'orpaillage légal n'est pas propre. Si CMB est exemplaire, à quoi peut-on s'attendre des autres compagnies légales ?

Et la DRIRE dans tout ça ? Quand fera t'elle vraiment respecter la loi ? Quand jouera t'elle vraiment son rôle de gendarme de l'eau. Qu'a-t-on pu voir de concret ? De belles mises en demeure avec de bien jolis mots :

"Les déchets et résidus produits doivent être stockés dans des conditions ne présentant pas de risques de pollution (prévention d'un lessivage par les eaux météoriques, d'une pollution des eaux superficielles et souterraines) pour les populations avoisinantes et l'environnement".

Mais pour quel résultats ?

Même si l'on peut reconnaître une légère évolution de la DRIRE ces derniers mois, passant d'un laxisme total à un "accompagnement" plus sourcilleux, quand verra t'on cette administration appliquer le code de l'environnement (1) et sanctionner quand il le faut ?

Montrer les gros yeux, c'est bien, mais faire appliquer la loi, c'est mieux.

Plus précieux que l'eau…
 

(1) Article L216-6 du code de l'environnement :
Le fait de jeter, déverser ou laisser s'écouler dans les eaux superficielles, souterraines, directement ou indirectement, une ou des substances quelconques dont l'action ou les réactions entraînent, même provisoirement, des effets nuisibles sur la santé ou des dommages à la flore ou à la faune, ou des modifications significatives du régime normal d'alimentation en eau, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende. Lorsque l'opération de rejet est autorisée par arrêté, les dispositions de cet alinéa ne s'appliquent que si les prescriptions de cet arrêté ne sont pas respectées.
Le tribunal peut également imposer au condamné de procéder à la restauration du milieu aquatique dans le cadre de la procédure prévue par l'article L. 216-9.
Ces mêmes peines et mesures sont applicables au fait de jeter ou abandonner des déchets en quantité importante dans les eaux superficielles ou souterraines.


Association Maïouri Nature Guyane
Juin 2008
maiouri.nature@gmail.com

+ d'infos sur l'association Maïouri Nature Guyane

6月6日

La rage en Guyane sur RFI

Questions autour d'un décès dû à la rage

par Frédéric Farine

Article publié le 05/06/2008 Dernière mise à jour le 06/06/2008 à 08:48 TU

Fabrice Laurencin, un Guyanais de 42 ans est mort de la rage, mardi 27 mai à l'hôpital de Cayenne. Une enquête administrative a été lancée au sujet des conditions de sa prise en charge par l'hôpital, l'intéressé ayant été plusieurs fois refoulé du service des urgences. Le virus de la rage trouvé par l'Institut Pasteur a pour origine une chauve-souris « vampire ». C'est la première fois depuis 1924 qu'un être humain meurt d'une rage contractée sur le territoire français.

« Tiens, encore toi ! ? C'est ce que l'accueil des urgences de l'hôpital a dit à Fabrice lorsqu'il est revenu une troisième fois ». Gaëtane Clet-Léonço ressasse cette anecdote douloureuse. A ses côtés, son concubin acquiesce. Le 27 mai dernier, le fils de Gaëtane, Fabrice Laurencin, 42 ans, est décédé à l'hôpital de Cayenne. Ce n'est que le lendemain de sa mort que l'Institut Pasteur, à Paris, a trouvé le virus de la rage dans une biopsie cutanée et des prélèvements de salive effectués sur l'intéressé à Cayenne.

Auparavant, entre le 14 et le 19 mai, Fabrice Laurencin, en dépit de divers examens, avait été éconduit à trois reprises du service des urgences de l'hôpital de Cayenne, alors que son état se détériorait, selon ses proches. « Il est resté chez moi du 15 au 19 mai. Il avait les yeux jaunes et exorbités. C'est comme s'il était devenu un vieillard, il n'arrêtait pas de vomir de la bile. Il disait qu'il avait mal partout, pleurait de douleur, recroquevillé sur le fauteuil. A la maison, il voulait du calme, pas de musique, pas de télé. Je faisais l'infirmière », raconte Line, la compagne du défunt.

Le 20 mai, la famille le conduit une quatrième fois aux urgences, en compagnie du président du Conseil général Alain Tien-Liong. « Fabrice était un pote, raconte l'élu guyanais. J'ai dû insister et même menacer l'institution pour qu'il soit hospitalisé. Il ne marchait plus et était quasi-inconscient. Le médecin me disait qu'il n'y avait plus de lit ». Finalement hospitalisé ce soir là, Fabrice Laurencin est conduit au service de réanimation où il sombre dans un coma dont il ne sortira plus.

Au sujet de la prise en charge, le directeur de l'hôpital, Pierre Pauchard avance une autre version :  « Selon les médecins, il n'y avait pas, dans un premier temps, de signe clinique qui pouvait justifier une hospitalisation. La quatrième fois où il est venu, il était plus faible et l'une des données de son tableau clinique avait évolué. Le chef de service a estimé que l'hospitalisation s'imposait ». Pourtant, la mère du défunt soutient que, dès le 15 mai, un médecin libéral lui avait remis une note pour les urgences demandant une hospitalisation de son fils ou, à défaut de lit disponible, de l'accueillir en psychiatrie. Interrogé sur ce point le directeur de l'hôpital glisse : « Je ne peux pas répondre à cette question car cela figurera ou ne figurera pas dans le rapport administratif. C'est un élément important et je ne peux donc pas me prononcer ». Le « rapport » en question est une enquête administrative en cours, annoncée le 31 mai aux médias par le directeur de cabinet du préfet. Elle porte notamment sur les conditions de la prise en charge du malade par l'hôpital.

Une sérologie avait révélé que 100 % de chauves-souris avaient des anticorps de la rage

Le 29 mai, au lendemain de la confirmation du cas de rage, André Spiegel, directeur de l'Institut Pasteur à Cayenne a rappellé que « la rage est toujours mortelle pour l'homme. Toutefois, se faire vacciner dans les jours suivant une morsure par un animal enragé permet d'échapper à la maladie ». Ce jour là, les autorités de Guyane ont révélé que le virus qui a tué Fabrice Laurencin provenait d'une chauve-souris « vampire ». Sur la planète, on n'a trouvé que trois espèces de ce mammifère qui se nourrit de sang et uniquement en Amérique tropicale. Deux des trois espèces de « vampires » ont été trouvées en Guyane.

Par le passé, le décès d'un chien dû à la rage à Cayenne, le 29 janvier 2003, avait déjà préoccupé les autorités. Le virus avait aussi pour origine une chauve-souris vampire. Une mission d'étude avait donc été mise en œuvre : du 17 mars au 11 avril 2003, deux scientifiques du CNRS avaient capturé des chauves-souris en dressant des filets autour d'élevages de poules, de bovins, de moutons ou de chevaux. Selon Jacques Barrat, responsable du diagnostic de la rage à l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) « une sérologie réalisée sur 34 individus dont 21 vampires avait révélé qu'aucun n'avait le virus de la rage mais qu'en revanche, 100% avaient des anticorps. C'est donc que ces 34 chauves-souris avaient été en contact avec le virus ou un antigène du virus ».

A l'issue de cette mission, une réunion à Paris à la Direction générale de l'alimentation (DGAL) sur le thème de la rage en Guyane, avec notamment un représentant des ministères de l'Ecologie, l'Afssa, le CNRS et la Direction des services vétérinaires (DSV) de Guyane avait préconisé la « poursuite d'une mission épidémiologique ». Une recommandation restée sans effet. « Cela a été une question de moyens et de choix. En ce moment, on rediscute de la possibilité d'une étude car on manque de connaissances sur la biologie des vampires »,  admet Jacques Barrat. Pour sa part, le 14 janvier dernier, le ministère de l'Agriculture a donné 6 mois aux propriétaires d'animaux domestiques de Guyane pour les faire vacciner contre la rage.

« On a failli passer à côté d'un cas de fièvre jaune en 1998 »

Aujourd'hui, les autorités cherchent  à savoir comment Fabrice Laurencin a pu être infecté. « Il y a deux options. Soit il a été mordu par une chauve-souris vampire enragée durant son sommeil. Soit, mais c'est beaucoup plus improbable, un animal carnivore, contaminé par une chauve-souris, a pu lui transmettre la rage », explique Nicolas Krieger, directeur de la DSV de Guyane.

Selon Jacques Barrat, un article d'une revue scientifique écrite en espagnol signalerait qu'en Amérique latine, un chat infecté par un vampire aurait transmis le virus à un autre être vivant. Selon ses proches, Fabrice Laurencin avait été griffé deux mois auparavant par un de ses chats, mort deux jours après. La piste des animaux domestiques du défunt n'est donc pas rejetée. Vendredi 30 mai, ses deux chiens qui vivaient chez une amie à Rémire-Montjoly ont été euthanasiés par les services vétérinaires. On veut savoir s'ils ont pu être infectés, à l'instar d'un chien mort qui a été déterré du jardin de la mère de Fabrice. « Les résultats des prélèvements ne seront pas connus avant la fin de cette semaine voire le début de la prochaine », estime Nicolas Krieger.

En Guyane, des médecins se demandent si d'autres cas humains de rage n'auraient pas échappé aux autorités de santé : « Nous avons pas mal de cas de méningo-encéphalites à l'hôpital et des décès qu'on n'explique pas. Va-t-on toujours rechercher la rage à Paris avec les tests les plus performants ? », s'interroge Dominique Louvel, praticien hospitalier. « Une batterie de tests recherche la rage depuis plusieurs années en cas de méningo-encéphalite », répond Françoise Ravachol, médecin inspecteur à la Direction de la santé.

Pour un autre médecin de l'hôpital de Cayenne : « Il fort est possible que des cas humains de rage aient pu nous échapper. Il y en a dans l'Etat voisin du Brésil, en Amapa. Chaque année, nous avons des morts qui ne passent pas par l'hôpital. Ils ne sont même pas toujours déclarés et sont enterrés chez les Amérindiens du Haut-Oyapock (frontière du Brésil) ou dans les villages amérindiens et Bushinengués (descendants de noirs marrons) du haut Maroni (frontière du Surinam). En 1998, on a failli passer à côté du dernier cas de fièvre jaune répertorié en Guyane. La personne décédée (une amérindienne du haut Maroni) avait eu des maux de tête, vomissements, fièvre et un test positif au paludisme. Et puis un médecin du service de réanimation a eu l'idée de faire une carotte dans le foie qui a révélé la fièvre jaune… »

5月26日

Grève des profs en Guyane

Face aux réformes annoncées par le ministère de l'Educ sur la réduction des effectifs de prof en Guyane (et en règle générale), les profs sont en grève depuis plus d'une semaine déjà et ceux de l'Ouest enseignant dans des communes isolées du fleuve Maroni accessibles seulement en pirogue (Apatou, Grand-Santi), et d'autres venant de Saint-Laurent-du-Maroni, Mana, et Awala-Yalimapo, se sont rendus à Cayenne pour faire part de leur mécontentement au Recteur de la Guyane, M. Wacheux et occupent donc le parking du rectorat depuis le 20 (je crois).
Ce matin , les forces de l'ordre sont venues les déloger. Devant l'entrée du rectorat, une dizaine de policiers avec de gros boucliers, sous le manguier derrière les profs. Quelques voitures klaxonnent au passage pour leur apporter leur soutien. J'aurais du prendre une photo.
Sur Dailymotion plusieurs vidéo:s  !
 
Sinon des nouvelles des relations franco-brésiliennes:
 
  • 24/05: Opération Harpie: Le mari de la victime à Brasília
    • Le mari de la victime lors de l'opération des gendarmes sur la Mana (voir ci-dessous) est invité à témoigner cette semaine devant la Commission des Relations extérieures et de la Défense de la chambre fédérale des députés, à Brasília. L'affaire continue à prendre de l'ampleur. (O Liberal)
    • Pour comprendre l'émoi au Brésil, outre le choc de cette photo pour le moins frappante, il faut rappeler que la perception des opérations anti-orpaillage clandestin en Guyane a commencé à se crisper avec la destruction des pirogues chargées du ravitaillement des sites en aval d'Oiapoque, il y a quelques mois. La mort d'un ressortissant originaire du Maranhão au centre de rétention adminsitrative de Rochambeau l'année dernière avait également fait du bruit. De nombreux articles dénoncent par ailleurs le tourisme sexuel à Oiapoque, contribuant encore à écorner l'image des Franco-Guyanais de l'autre côté de la frontière.
  • 22/05: Opération Harpie: Le mari de la noyée témoigne devant l'assemblée de l'Amapá

    • Alors que le France-Guyane d'aujourd'hui se fait l'écho des inquiétudes brésiliennes quant au traitement des ressortissants du pays par les autorités policières françaises, le mari de la noyée de la Mana (dont le corps traîné par la pirogue des gendarmes faisait la une du Diario do Amapá le 10 mai dernier -voir ci-dessous), témoignait hier devant l'assemblée législative locale de l'Amapá. 
    • Lui-même orpailleur, il a dénoncé la brutalité de l'abordage de leur pirogue, chargée de 42 personnes, le 19 avril dernier, alors qu'il rentrait d'un site d'orpaillage sur la Mana. Il raconte que son épouse, dans la nervosité ambiante est tombée à l'eau, réitère l'accusation selon laquelle les gendarmes leur ont interdit de plonger à son secours, et ajoute même qu'ils lui seraient passés par-dessus avec leur embarcation. Il dit que sa tête portait de profondes coupures visibles sur les photos du corps "qui n'a été récupéré que huit jours plus tard". Certains témoins ont indiqué avoir vu du sang dans l'eau le jour de la noyade. 
    • Ce qui révolte le plus le mari, c'est que son épouse a été enterrée le 5 mai en Guyane sans l'autorisation de la famille (elle laisse une fille de 16 ans), sans qu'ils aient pu participer à la sépulture. Il reproche au consul du Brésil en Guyane de ne pas avoir assez insisté pour obtenir l'exhumation et une autopsie. Jorge Amanajas, président de l'assemblée d'Amapá, demande au gouvernement fédéral de se positionner et déplore que "le traitement des Brésiliens en Guyane ne correspondent pas à la cordialité avec laquelle les Français sont reçus au Brésil". Un intervenant, conseiller municipal, a indiqué espérer que l'élection de Fabienne Mathurin Brouard à Saint Georges améliore les choses. On estime là-bas la présence brésilienne en Guyane à 49.000 personnes, légaux et clandestins mêlés. (Diario do Amapá)

    Enfin le clip de la chanson qui passe le matin sur RFO, N'y pense même pas! C'est bien, ça dit de bonnes choses.

     

  • 4月17日

    On a trouvé comment soigner toutes les maladies du monde entier de l'univers!

    On entend des drôles de choses sur Radio Guyane. Dimanche matin, le réveil sonne pour partir sur les lacs Pali. Et à la radio la présentatrice rembarre méchament un auditeur qui a mal répondu à la question du jeu. Et là tu te dis "Ouh là! elle est de mauvais poil la grosse!". Puis ensuite elle reçoit une docteur en naturopathie qui vient faire de la publicité pour un séminaire qu'elle donnera le week end suivant à Matoury. Jusque là rien d'anormal. Que se soigner par la Nature c'est bien. Ok. Que "la Nature c'est un peu la science". Ouh la... Elle dit qu'une bonne alimentation est necessaire pour une bonne santé. Ok. Et aussi pour guérir des maladies. Ok. En fait il n'y  a pas de maladie, il n'y a qu'une maladie. Ah? C'est parcequ'on traite notre corps comme un poubelle qu'il tombe malade. Ah bon? Et là elle part dans des argumentaires à la con disant qu'elle soigne le diabète, les cancers, l'ostéoporse mais aussi la myopathie et la mucoviscidose!!! Putain, je crie en entendant ça... Cette bonne femme c'est Jésus en personne, elle fait des miracles. Ou alors à 50 € le cours de "cruzine" c'est une bonne femme qui profite de l'incrédulité des gens pour se faire du pognon. Comme par hasard, tous les auditeurs qui appelent rêvent d'en savoir plus sur les méthodes de cette bonne âme et aucun ne met en doute ses paroles. Même pas la présentatrice qui est fan d'elle. Même pas RFO. Trop c'est trop. On éteint la radio.
    Le soir quand même en y repensant on se dit que, merde, c'est dangereux un tel discours sur une radio publique. Arrêter ses traitements et suivre les cours de cuisine de Madame Miracle pour soigner sa mucoviscidose, c'est limite comme propagande. C'est décidé, lundi on écrit à RFO.
    Lundi, le message est envoyé à RFO. 4 jours après toujours pas de réactions de leur part. Pour en savoir plus je me renseigne sur le net. Le site de la bonne femme, avec tous ses témoignades de miraculés (elle devrait aller au téléthon faire sa pub, elle sauverait la vie de plein de gens), les sites des universitées de formation au Québec et puis surtout BLADA, LE site guyanais, où des auditeurs font part de leur réactions concernant cette émission. Là on en apprend des belles. Deux extraits:
     
    - Chère madame, Votre courrier m'a fait grand plaisir. Voici le mail que j'ai envoyé le jour même de l'émission à un ami médecin en Guyane pour tenter d'obtenir des réponses claires au sujet de la naturopathie. J'attends avec impatience ses réponses. Mais dans tous les cas, il est inadmissible qu'une telle émission puisse être diffusée, a fotiori en toute impunité, sur une chaîne publique. Rationalistes de Guyane, réveillons-nous !
    Contenu du mail.
    Ce matin, entre 10 et 11H00, je crois, sur Radio Guyane, j'ai entendu un extrait d'émission (mais j'ai vite éteint la radio car je rageais contre cette propagande) sur la "naturopathie". On y vantait les mérites de cette médecine et la "docteur" comme l'appelait la journaliste affirmait : "Il faut se réjouir d'être malade car la maladie est une alarme du corps, qui rejette les toxines intérieures à l'extérieur du corps, comme on rejette les déchets d'une cuisine (comparaison qui sera souvent reprise et servira plusieurs fois de "diagnostique" lorsque des malades appelaient l'émission). La mucoviscidose, la myopathie, etc., c'est là que je réussis le mieux." Et quelques temps plus tard : "Récemment, en Guadeloupe, j'ai redonné la vue à une femme aveugle. Je répète : j'ai redonné la vue à une femme aveugle."

    -
    "Lundi 14 avril sur RFO, entre 17 h et 18 h , l'animateur ouvrait le micro à deux adeptes de naturopathie. J'ai pris l'émission en cours de route et suis restée scotchée. Scotchée par l'aplomb avec lequel les deux invités tenaient leurs propos. Sans être confrontées à aucune contradiction, ni de l'animateur ni de médecins (aucun n'était présent), les invitées ont librement vanté les mérites de leur fausse médecine. J'ai pu entendre que manger de la viande et des légumes crus permettait de guérir de maladies graves (cancers au stade avancé ou encore maladies génétiques comme la mucoviscidose). A des auditeurs révoltés par ces propos, l'animateur a eu un ricanement pour toute réponse. Comment une radio de service public peut-elle donner un tel crédit à la naturopathie, pratique aux relents sectaires ? Comment la Direction des programmes peut-elle laisser un animateur conduire une émission avec un tel manque de discernement et de professionnalisme ? En fin d'émission, j'ai appelé l'animateur pour lui dire ma colère. Il est resté droit dans es bottes ! Lui, croit aux bienfaits de la naturopathie (il m'a même parlé de preuves de guérison). Il m'a encouragée à ne pas rester dans l'ignorance en visitant le site internet d'une des invitées. En bref, il est convaincu d'avoir eu du courage en invitant des naturopathes (« il faut informer le peuple », sic). Grave et dangereux. Quand RFO ressemble à une radio d'insalubrité publique'"
     
    - Pour info, les naturopathes prônent la liberté vaccinale (autrement dit, de refuser toute vaccination) et, beaucoup plus grave (!), ils vont jusqu'à renier l'existence du virus du SIDA, et même remettre en cause le dépistage du VIH !  Mais, lis donc ce que dit ce naturopathe de métropole à ce sujet. Quelques morceaux choisis :
           - "De plus, tout porte à croire que le test de séropositivité est très peu fiable" 
           - "De même, le développement fulgurant du SIDA en Afrique ne peut s'expliquer que par la faiblesse immunitaire des habitants de ce continent, dans la plus        grande pauvreté et ayant abandonné leur alimentation traditionnelle, mondialisation oblige"
           - "Le virus du SIDA n'a jamais été isolé, on nous présente que des preuves indirectes de son existence."
    C'est ça les bons cotés de la naturopathie, hum ?

    Pour l'instant aucune réaction de la part de la madame Jésus ou de RFO. Hier France Guyane a publié dans ses colonnes des extraits des commentaires de Blada. Et aujourd'hui Blada en rajoute une couche. Pour ma part je m'étais dit qu'au début j'irais à son séminaire mais en fait j'ai mieux à faire que d'aller écouter ses bons conseils. C'est pas vraiment après elle que j'en ai  (même elle me fait pitié) mais à RFO qui diffuse librement ses propos dangereux, voire sectaires.

    Si jamais vous la voyez à la télé en métropole (elle a aussi sa place sur ACG, la télé guyanaise), zappez ou appellez pour lui dire qu'elle dit un peu de la merde. 

     


    4月11日

    Quioi de neuf en mars?

    Ben pas grand chose en fait... Beaucoup de boulot, une présentation devant des gens importants et peu de sorties en forêt. On s'endort??? Non, on se prépare pour la suite!
    3月12日

    Brésil: les serpents d'Amazonie envahissent Belem

    Article paru dans La Tribune

    On pourrait croire à un scénario de série Z, mais les habitants de Belem savent que ce n'est pas du cinéma. Cette ville brésilienne, la plus grande d'Amazonie, est envahie par les serpents qui fuient la destruction de leur habitat naturel due à la déforestation.

    L'agence de protection de l'environnement Ibama a indiqué mardi avoir dû capturer 21 serpents depuis le début de l'année à Belem, une métropole de 1,5 million d'habitants située à l'embouchure du fleuve Amazone. Normalement, l'agence ne reçoit qu'un ou deux appels par mois, a précisé par téléphone Luciana Almeida, porte-parole d'Ibama.

    Aucun serpent venimeux n'a été signalé, mais Ibama a tout de même capturé un anaconda de trois mètres de long, un reptile qui vit normalement reclus au fin fond de la jungle.

    "Les gens ont peur", a expliqué mardi Luciana Almeida. "Imaginez-vous découvrir un serpent de trois mètres de long dans votre plomberie".

    Selon la porte-parole, cette arrivée de serpents est due à la déforestation galopante de l'Amazonie, notamment dans la région entourant Belem, située dans l'est de la forêt. "La déforestation détruit leur habitat, donc ils viennent vers la ville", a-t-elle souligné.

    Les serpents capturés sont ensuite confiés à des zoos ou un parc régional voisin, a-t-elle indiqué. AP

    3月11日

    A la recherche des ibis rouges

    Deuxième tentative de voir des ibis par nos propres moyens (bien qu’en fait on en ai déjà vu survoler Cayenne mais ça compte pas). Après notre aventure avec Damien et la mère Bernard sur la crique Macouria qui s’était terminé par un retournement de canoë en pleine mangrove et où on avait vu un malheureux ibis pas rouge du tout, nous avons remis ça sur la crique Organabo avec Line, Fred, les deux Caro, Nathalie et son frangin et Marion, nouvelle stagiaire IRD (on aime bien les stagiaires nous). Et cette fois ci, on les a vu : posés sur le banc de vase à l’embouchure de l’Organabo, ils se promenaient au milieu des aigrettes, bec-en-ciseaux et autre bécasseaux (enfin, je sais plus comment ça s’appele mais c’est pas des bécasseaux). Du rouge, du blanc, du marron, du gris, du bleu et du vert. Ca beau !!! Y en a qui ont même vu un caïman ! Bref une bien belle ballade. Le soir on continue dans la sortie naturaliste avec notre première tortue de l’année : une tortue verte venue pondre sur la plage d’Awala Yalimapo.

    Et le lendemain, marché de Javouhey, l’autre village Hmong de Guyane.

    Brazil!!!

    Avec près d'un mois de retard voici un ti résumé de nos vacances au Brésil avec Line.

     

    On est donc parti le 25 janvier à bord d'un coucou 4 places dégoté par Line, direction Saint Georges de l'Oyapock, à la frontière, en survolant les marais de Kaw (un spectacle magnifique soit dit en passant, surtout quand on voit des arbres en fleurs dépassant de la canopée ou une épave d’avion au milieu des marais).

     

    Macapa

    Ensuite à Oyapock, on chope le bus pour Macapa et c'est partit pour 600 km de route dont 250 de pistes. En fait, en ce qui me concerne, j'ai bien dormi, donc ça allait. Arrivé au petit matin à Macapa, capitale de l'état de l'Amapa, située sur les bords de l'Amazone. Premier choc: l'Amazone c'est grand. C'est très grand. C'est tellement grand que pour aller à Belém qui est de l'autre côté de l'embouchure, en avion, on met plus d'une heure. Sinon Macapa, c'est sympa. Bon mis à part le fort et l'équateur qui passe par la ville, y a pas grand chose à voir, mais c'est sympa. Puis en venant de Cayenne et ses 50 000 habitants, voir une ville comme Macapa et ses 500 000 habitants ça fait bizarre. Si je savais ce qui m'attend.

    Après avoir bien glandé, on va à l'aéroport le soir pour notre avion de ... 04h30 en direction de Salvador de Bahia. Et là, on a fait nos clochards: sur la terrasse, par terre, dans nos sac de couchage, au milieu des gens qui venaient voir les avions atterrir, nous avons dormit. Des vrais clodos!

    Enfin on prend l'avion.

     

    São Salvador da Bahia de Todos os Santos 

    La Rome noire. Au bord de la Baie de tous les Saints Salvador fut la première capitale du Brésil. De nos jours, Salvador est la capitale de l'état de Bahia. Et c'est une ville toute en couleur et toute en culture. La vieille ville, classée à l'Unesco, est magnifique, même si c'est un marché à touriste. La "vraie ville" est une vraie grande ville brésilienne, avec ses building, ses grandes avenues, sa circulation, ses favelas et ses plages qui sentent la crème à bronzer. A l'approche du carnaval, les rues de la vieille ville, el pelorihno, s'animaient au son des blocos (groupe de musique). On est resté 4 jours à Salvador. Ce qui est suffisant pour voir mais en fait ça mérite plus comme ville... Enfin bref, on est aussi partit voir l'église de Bonfim (Jésus), pleine d'ex voto pour remercier le ti Jésus des guérisons, avec pleins de photos sur les murs et au plafond des moulures en plastiques des membres "réparés": des jambes, des bras, des têtes... Cette église est aussi un lieu de culte de candomblé: en effet Bonfim est Oxala dans le culte Vaudou. Mais on a vu aucun rituel... Enfin cette église est représentée dans Sous le signe du Capricorne, l'aventure de Corto Maltese. Du coup, pour faire d'une pierre deux coups, on est allé sur la plage où vit (toujours?) Bouche Dorée, son amie, à Itapua. On l'a pas vu mais la plage était quand même très sympa. La noix de coco très bonne. Et l'eau un peu fraîche. Bon, pour Line ça a été moins cool vu qu'elle a marché sur des oursins juste avant qu'on prenne le chemin de la gare routière pour prendre le bus en direction de Rio. Mais pour moi c'était très bien!

     

    Rio de Janeiro

    Après 30 heures (30 heures!!!) dans un bus hight tech' à regarder Charlie et la Chocolaterie, 7 ans au Tibet, Chritophe Lambert qui fait copain-copain avec un lapin et autre niaiseries pour filles (qui ont beaucoup plus à Line apparemment), nous sommes arrivés à Rio de Janeiro à près de 22h au lieu de 15h. Première impression, à Rio il pleut et il fait froid. Deuxième impression, on s'est pas fait agressé ni dans la gare routière ni dans le bus ou dans la rue. Quoi, ce ne serait que des préjugès??? On logeait chez un pote du frère de Line qui a un appart sur la Praia di Botafogo, juste en face le Pain de Sucre. Le premier jour, la première chose qu'on est allé voir, c'est la plage de Copacabana. Alors attention! Des corps bronzés sur la plage, oui, il y en a. Des strings (ou des fils dentaires comme ils disent), ouais, on en croise. Mais alors, la bombasse brésilienne super bien foutue et tout et tout!!!! On les cherche!!!!! Remboursé! En fait, il n'y a pas de complexe. Elles ont des rondeurs, et alors? Passé cette première surprise, on file voir notre premier bloco de vrai carnaval de Rio de Janeiro. Direction le quartier de Santa Teresa, le quartier Bohème. Et là on découvre à quoi ressemble vraiment le carnaval de Rio : un groupe de musique, représentant généralement son quartier si j’ai bien compris, chante une chanson qu’il a composé selon un thème particulier (mais aussi d’autres chansons de carnaval) et avance à vitesse de tortue dans les rues. Il y a la batterie qui suit ou précède, au choix, un camion avec dessus la sono, les chanteurs, quelques musiciens et des danseurs(ses). Tout autour du monde entassé, agglutiné, piétiné et piétinant. Et au passage des vendeurs de bières et de caipirhina. Le tout dure 2-3 heures. Après que le bloco est finit de défiler, le monde s’en va vers un autre bloco dans un autre quartier. La particularité du Bloco de Santa Teresa, les Carmelites, c’est qu’ils portent la coiffe des carmélites. Au cours de notre carnaval carioca nous avons vu Que esa merda, La banda de Ipanema (le bloco qui regroupe les gays et lesbiennes mais aussi tous les autres à Ipanema), Volta Alice et je ne sais plus lesquels. A chaque fois des milliers de personnes serrés les uns contre les autres, dansant (ou essayant de danser) la samba et faisant la fête dans la bonne humeur. Le dimanche soir on a également vu le défilé des Ecoles de Samba au Sambodrome. Ca c’est l’image du carnaval de Rio qu’on a en métropole. Alors le sambodrome c’est quoi ? C’est une rue d’un peu plus d’un kilomètre de long, avec des gradins sur les côtés et qui se termine par une arche. Vers la fin de l’avenue se trouve le jury qui note les 14 écoles qui défilent. Chaque école doit faire son défilé en 1h20 (si vous partez d’un bout à l’autre du sambodrome en marchant au rythme du défilé, vous mettez 45 minutes pour faire le sambodrome, je vous laisse faire le calcul de la longueur du défilé). Du coup le défilé commence le dimanche soir à 20h pour s’achever vers 06 h et recommence de même le lundi soir. Nous, on a vu trois écoles : Salgueiro, Portela et Mangueira. Et y a pas à dire c’est impressionnant. Non seulement les chars et les costumes mais l’ambiance ! Chaque école a là aussi sa chanson écrite spécialement pour le carnaval, qu’ils chantent en boucle pendant 1h20, et tout le monde la connaît par cœur et chante en cœur au passage des chars. Certains chars poussent également des cris comme l’aigle de Portela ou le tigre. Enfin, bref, c’est à faire au moins une fois dans sa vie.

    Voilà sinon on a quand même visité Rio : le quartier du Centro, la cathédrale Métropolitana, la confeitira Colombo, le marché Hippie de Ipanema,  Ipanema, , le marché d’uruguarana avec ses étalages de faux,  Copacabana, le jardin Botanique (classé à l’Unesco), le Pain de Sucre, le Largo di Boticario et puis certains quartiers bien sympa de Rio où on aurait jamais mis les pieds sans la présence de Jean et Léo. Merci encore.

     

    Brasilia

    Arrivé à Brasilia vers 12h le vendredi 08 février, nous sommes récupérés par un IRDien expat dans la capitale brésilienne et qui nous hébergera pour notre nuit là bas. Brasilia est classé également au patrimoine mondial de l’Unesco pour son architecture du XXème siècle. Construite à partir de 1957 et achevé en seulement trois ans, elle est l’œuvre de l’urbaniste Costa et de l’architecte Niemyer. Ca c’est pour le côté culturel. Elle est également construite près du site où doivent arriver les extraterrestres d’arpès je sais plus qui. Ca c’est pour le côté loufoque. Sinon c’est une ville assez étrange. Tout d’abord, vu du ciel elle a la forme d’un avion. A la place du cockpit se trouve la place des trois pouvoir avec le palais présidentiel. Puis la carlingue de l’avion se compose de la plus large avenue du monde selon les brésiliens : deux fois 6 voies séparées par un terre plein… vide. Sur les bords les ministères, puis la cathédrale. Au milieu la tour de la télévision et la gare routière et… oh suprise… des gens ! En effet depuis le début, on se sentait bien seul sur nos trottoirs de trois mètres de large. Il faut dire que le paysagiste qui a aménagé l’avenue a oublié de mettre des arbres pour faire de l’ombre. Du coup on crame : on est sur un plateau désertique et ça cogne fort ! Sinon la plupart de la population se cache dans l’un des nombreux centre commerciaux de 5 étages qu’abrite la ville. A voir mais un jour ça suffit.

     

    Le retour

    Et voilà les vacances sont finies, on est samedi et il est temps de penser à rentrer sur Cayenne. On prend l’avion jusqu’à Bélem puis Macapa où on retrouve notre aéroport/chambre chéri. On file à la gare routière pour réserver nos places dans le bus avant d’aller faire des courses dans le centre. Mais oh, quelle malchance ! Parce que le bus de la veille n’est pas partit, tous les bus du jour sont complets ! C’est con, parce qu’on a pas le choix, c’est ce bus où on est pas au taff le lundi. Au final, on opte avec une autre métro de Régina pour un taxi, c’est 30 Reals de plus. Magnifique 4*4 prêt à affronter la route qui nous sépare de la frontière. Grand, spacieux, confortable. Sauf qu’au final on sera 4 à l’arrière avec nos sacs à dos, du coup c’est nettement moins grand, spacieux et confortable. C’en est même pénible et fatiguant quand on attaque les 250 km de piste à 22h. On arrive à Oiapoque vers 02-03 h. Notre amie de Régina nous propose de prendre sa voiture et de dormir chez elle. Cool, allons faire tamponner nos passeports et allons y gaiement. Mais non, on peut pas avant 06h !!! Heureusement notre chauffeur nous a trouvé un bouiboui plein de garempeiros pour passer la nuit. Le lendemain, tout est réglé, on rentre en Guyane. Après deux voiture en stop et le reste à pied (les gens prennent pas en stop dans Cayenne, quelle bande de bourgeois !), nous rentrons à la maison… Bouh… Mais on a déjà un nouveau projet de voyage en tête ! Encore plus beau… 

    2月29日

    La Guyane: incroyable... mais vraie!

    De quoi donner envie d'aller en vacances en Guyane.
    Sur www.tourmag.com
     
     
     
    2月13日

    Après j'arrête

    Quelques derniers liens sur les problèmes de l'orpaillage en Guyane.
     
    Un article de TF1 et une vidéo (que j'arrive pas à voir... saloperie d'internet) qui donne la parole aux orpailleurs légaux, ou "opérateurs miniers", histoire d'avoir un aperçu des différents aspects de la filière.
     
    Après j'arrête avec ça et je met les photos du carnaval du Rio!
    2月12日

    Sarko et l'orpaillage en Guyane

    La venue de Sarko en Guyane a au moins le mérite de faire parler de l'orpaillage clandestin dans la presse.
     
    Ci dessous deux articles: le premier du site du Monde.fr par Laurent Marot, le second du site de RFI par Frédéric Farine. Merci Blada.com
     

    Ici, la vie se paie en grammes d'or

    LE MONDE | 12.02.08 | 14h34  •  Mis à jour le 12.02.08 | 15h48
    CAYENNE (GUYANE) CORRESPONDANT
     
    La pluie tombe sur la centaine de carbets du village, des abris sommaires recouverts de bâches en plastique noir, qui se dressent de part et d'autre d'un chemin boueux. Depuis plusieurs mois, l'endroit sert de lieu de transit, de ravitaillement et de distraction pour les orpailleurs clandestins de la Haute-Mana, au coeur de la forêt guyanaise, à plusieurs jours de pirogue de la côte atlantique.
     
    Assis au bord du fleuve, Edilson, 57 ans, attend une embarcation pour regagner le littoral, et rentrer chez lui, au Brésil, dans l'Etat du Maranhao, l'un des plus pauvres du pays. "J'ai eu les deux côtes cassées dans l'effondrement d'une paroi, sur le chantier. Je vais me faire soigner au Brésil, et me reposer", dit-il, le regard perdu dans les eaux boueuses de la Mana, polluées par les rejets des chantiers clandestins des environs. Depuis sept ans, Edilson cherche fortune dans la forêt guyanaise, après avoir été garimpeiro - chercheur d'or - dans son pays. "On travaille d'abord à la main, comme les anciens, puis quand on peut, on s'achète un moteur à crédit, et on travaille avec cinq ou six personnes", explique ce petit patron. "Les ouvriers touchent 30 % de l'or, je paie les dépenses - carburant, nourriture - et ce qui reste, c'est pour moi, mais souvent, c'est pas grand-chose", souffle-t-il. Cela suffit pour financer l'école ou l'université pour ses trois enfants. "Ils ne feront pas comme moi, ils font des études", se réjouit l'homme.

    "90 % des gens ici sont analphabètes, ou presque. Moi-même je sais à peine écrire mon nom", explique Josué, un quadragénaire efflanqué et édenté, qui court l'or depuis vingt ans, d'abord au Brésil, maintenant en Guyane. "Au Brésil, quand tu n'as pas de diplôme, tu ne trouves pas un emploi bien rémunéré, et le salaire minimum - 390 reais, 150 euros - ne suffit pas pour faire vivre ta famille", déplore-t-il. En six mois, il dit avoir envoyé à sa famille près du double de ce qu'il aurait gagné avec un smic brésilien.

    Pour changer de vie, tous rêvent du filon, comme celui découvert l'an dernier à vingt kilomètres de là, sur un site désormais bien connu de tous les clandestins de Guyane. "Celui qui a découvert le site en est parti avec 100 kg d'or. Puis nous sommes arrivés, et nous avons constitué une coopérative, avec plusieurs associés", témoigne Lourivaldo, l'un des associés de la "coopérative". "Nous avons sorti 200 kg d'or, et moi j'ai fait un bénéfice de 4 kg", dit-il, en exhibant une pierre du site, où brillent des paillettes d'or. L'homme ne se déplace pas sans son fusil à pompe de calibre 12, et il se dit fatigué de l'insécurité qui règne désormais autour du site, où trois personnes sont mortes ces derniers mois, à la suite de vols et de bagarres.

    La plupart des garimpeiros de Guyane ne connaîtront jamais la joie de découvrir un filon, et dépenseront sur place les quelques grammes d'or arrachés à la forêt. Dans le village, on trouve une boulangerie, des cantines, un bijoutier, des petites épiceries et, le soir venu, des femmes qui dansent sur la piste de discothèques de fortune et vendent leurs corps pour quelques grammes d'or.

    "Ici, tout est très cher, se plaint Josué. Le kilo de riz, c'est un gramme et demi d'or - environ 27 euros au cours de l'or en forêt, non affiné -, le pain, un demi-gramme d'or (9 euros), un oeuf, deux dixièmes de gramme (3 euros)...", précise-t-il. Ces tarifs exorbitants s'expliquent par le coût très élevé du transport des marchandises de contrebande, depuis Paramaribo, capitale du Surinam voisin. "Cela coûte 300 grammes d'or, près de 5 000 euros, pour faire venir clandestinement quatre tonnes de fret d'Albina, au Surinam, en voiture jusqu'à Saut Sabbat, puis en remontant le fleuve Mana", précise Isaias, qui tient un carbet épicerie au village. "Le voyage dure huit jours, et le double quand les eaux sont plus basses, c'est très dur", confie le jeune homme. "C'est un jeu, parfois vous gagnez, et puis parfois, vous perdez", poursuit-il, faisant allusion aux risques de naufrage, ou aux barrages de gendarmes. "Les gendarmes ont déjà saisi ma pirogue, brûlé les marchandises, et même mon carbet", explique Luisa, sa voisine de carbet, qui achète elle aussi des marchandises au Surinam, pour les amener jusqu'au village. Le fret est ensuite acheminé sur les chantiers à dos d'homme ou par des "quads", des petites motos à quatre roues capables de transporter des fûts de carburant de 200 litres, qui empruntent un réseau de pistes clandestines, sous couvert forestier.

    A vingt minutes à pied du village, un orpailleur nous emmène voir les restes d'un chantier, un trou rempli d'eau en pleine forêt. "Nous évitons de faire tomber les arbres, explique-t-il, pour nous cacher des gendarmes." Dès qu'un hélicoptère se fait entendre, les yeux scrutent le ciel. "Ici, les gens craignent à tout moment une intervention, et pour un rien, ils vont cacher leurs marchandises dans la forêt, ou les moteurs dans l'eau", se moque notre guide. "Quand vous êtes arrivés dans le village, beaucoup sont allés se cacher, croyant que vous étiez des gendarmes", poursuit l'homme. Deux jours avant notre arrivée, une opération "Anaconda" a touché un site distant de quelques kilomètres. La nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre, grâce au réseau de radio HF qui couvre l'intérieur de la Guyane. Dans chaque village, le carbet radio est le lieu où les garimpeiros viennent contacter leur famille, via un opérateur téléphonique brésilien, mais aussi donnent l'alerte en cas d'approche de gendarmes. Parfois aussi, il sert à contacter le SAMU, pour des évacuations sanitaires vers l'hôpital de Cayenne, après des accidents sur les chantiers, ou des crises sévères de paludisme. Pour nombre de garimpeiros, le rêve finit souvent dans une impasse, au beau milieu de la forêt, loin des leurs.

    "Beaucoup viennent ici en pensant faire fortune, mais au bout du compte, ils n'ont même pas de quoi revenir au pays. Ils tombent malades et ils ne repartent plus", témoigne Luisa, qui a laissé ses deux enfants au Brésil pour tenter l'aventure de la contrebande sur les sites clandestins. "J'en connais qui sont là depuis trois ou quatre ans, ajoute-t-elle, et ils ne sont jamais rentrés chez eux, car ils n'en ont pas les moyens. Moi aussi j'ai peur que cela m'arrive."

    Laurent Marot
     
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    Sarkozy déclare la guerre aux orpailleurs clandestins

    par Frédéric Farine

    Article publié le 12/02/2008 Dernière mise à jour le 12/02/2008 à 05:30 TU

    A Camopi, Nicolas Sarkozy a annoncé une opération inédite pour lutter contre l'orpaillage clandestin qui pollue les rivières de Guyane depuis quinze ans. Le président de la République compte mobiliser un millier d'hommes. Le GIGN (Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale) est sur place depuis une quinzaine de jours. Mais la montée du cours de l'or complique le combat de la France.
     

    Alain est infirmier depuis six ans à Camopi, village isolé au sud-est de la Guyane à la frontière du Brésil.  « Depuis 2 ans, les opérations de destruction des sites aurifères illicites ont augmenté », reconnait-il en attendant l'arrivée du président de la République dans cette commune amérindienne isolée à la frontière du Brésil « mais l'orpaillage clandestin se poursuit. A 20 minutes de pirogue, rive brésilienne, il y a un village où transitent des tracteurs, des moteurs, des quads, du carburant, tout le matériel d'orpaillage en partance pour la Guyane. Les policiers brésiliens sont plutôt passifs », regrette-t-il.

    «Il n'y a pas de réelle volonté des Brésiliens de lutter contre cet orpaillage illégal. Ce n'est pas chez eux et la seule des frontières où ils n'ont pas d'emmerdes, c'est celle de 700 km avec la France», nous confie un haut-gradé de l'armée pendant le discours du président de la République.

    Ce mardi en rencontrant Lula à Saint-Georges-de-l'Oyapock, Nicolas Sarkozy devrait poser le problème. Le 30 novembre dernier, un avion brésilien s'est posé à Camopi pour une opération conjointe avec la France. Les policiers fédéraux brésiliens ont détruit des constructions illégales juste en face de Camopi, à Villa Brasil, sur la rive brésilienne, encore un village où beaucoup se sont enrichis du commerce lié à l'or illicite.

    A Camopi, la rivière du même nom dévoile une couleur caramel, plus loin il y a la Sikini et son marron boueux ou encore l'Alikéné de couleur beige. Toutes ces couleurs attestent d'activités aurifères en amont. Nombre de rivières guyanaises ne sont plus que particules en suspension. « Les poissons y meurent », a reconnu Nicolas Sarkozy avant d'ajouter devant les habitants de Camopi « l'Etat n'a pas toujours été irréprochable à votre égard ». En Guyane, en décembre, un sondage a révélé que 75% des interrogés considéraient que la lutte de l'Etat contre l'orpaillage clandestin n'était pas satisfaisante.

    « Il ne suffit pas de courir après les hommes dans la forêt »

    « Les orpailleurs sont très organisés, ils creusent des layons (sentiers) dans la forêt pour éviter le barrage des gendarmes sur la Sikini, puis des pirogues les attendent plus loin », indique René Monerville, piroguier amérindien de Camopi. Aux grands maux les grands remèdes. « A partir de la semaine prochaine, la République va engager 1 000 hommes en Guyane dans une opération qui utilisera des matériels faisant appel à des technologies jamais utilisées sur le territoire français. Elle durera aussi longtemps qu'il le faudra », a annoncé Nicolas Sarkozy.

    « Plus de 500 renforts en hommes », selon un proche du président. Une petite dizaine de policiers du GIGN sont présents pour l'action et la formation depuis deux semaines. Selon le général Carpentier, commandant des forces armées « nous devons bénéficier du renfort de deux compagnies soit entre 300 et 400 hommes ». Un Airbus de l'armée est arrivé avec les premiers renforts vendredi 8 février. Deux autres avions sont attendus le 14 et le 16. Les forces de l'ordre bénéficieront pour l'opération d'un Transall et de deux hélicoptères Puma de plus. L'hélicoptère EC145 de la gendarmerie promis par le ministre de l'Intérieur Sarkozy pour Noël 2003 est arrivé fin novembre 2007.

    « Cette mobilisation de 1000 hommes est pour une durée indéterminée. On attend de voir avant de juger de son efficacité », a commenté la députée divers-gauche, Chantal Berthelot. Christiane Taubira, l'autre députée Guyane se dit perplexe : « Ce président n'arrive pas à comprendre que ces activités clandestines ont des raisons d'abord économiques et sociales. Ces garimpeiros viennent des Etats pauvres du Brésil. Ils ont aussi envahi le Surinam, le Guyana et le sud du Venezuela. Il ne suffit pas de courir après les hommes dans la forêt amazonienne. Surtout qu'en l'annonçant si pompeusement une semaine avant, on leur permet de se camoufler. On ne pourra pas régler ce problème sans véritable coopération entre la France et le Brésil. Car la hausse du cours de l'or réduit le risque pour l'orpailleur ».

    « De grosses opérations en forêt repoussent des illégaux vers le littoral et cela risque d'y augmenter la délinquance. C'est une donnée à prendre en compte », analyse Georges Patient, le maire de Mana (ouest guyanais).

    « Nous devons nous attaquer aux commanditaires », a aussi indiqué Nicolas Sarkozy. Un GIR (Groupe d'intervention régional) a été créé en Guyane en octobre 2006 pour remonter les filières de financement de l'orpaillage illicite : « Cela fait un an qu'on nous annonce des mises en examen », glose Christiane Taubira. «Dans les 6 mois à venir, il y a des notables guyanais qui vivent de la logistique de l'orpaillage illicite qui pourraient tomber », assure une source proche du dossier. Fin 2006, selon un document de l'ONF (Office national des forêts) non rendu public, 5 122,8 hectares avaient déjà été exploités illégalement en Guyane.

    1月21日

    40

    40, c'est le nombre de carcasses de voitures qu'on a compté sur la route entre Saint Georges et Matoury, soit un peu moins de 180 Km. Soit une carcasse tout les 4.5 Km. Et encore, on a compté uniquement celles qu'on voyait depuis la voiture. Il y en a bien sur nettement plus. Pourquoi les laisser rouiller sur les bords de route au lieu de les ramasser? Pourquoi mettre des glissières sur les bords de la route, en laissant la carcasse de l'autre côté, sur place? Ils espèrent en faire des récifs articiels, comme avec nos épaves de bateau??? A l'heure où on commence à nous rabacher les oreilles avec la croissance démographique en Guyane, où l'on prévoit un doublement de la population à l'horizon 2030, il serait bien que l'état prenne des mesures face aux décharges sauvages qu'on trouve fréquement sur ce département. D'accord, il y a d'autres priorités (logement, immigration, orpaillage clandestin, pêcheries illégales, sécurité...), mais quand même! Un jour, je mettrais en photo mon top ten des tas d'ordures de Cayenne.
    Autre anecdote rigolote: ce week end, sur la plage de Rémire, j'ai vu deux brésiliens qui pêchaient au filet... lesté à la batterie de voiture....
    Voilà. C'était mon coup de gueule du lundi matin!
    1月17日

    Wayana's boys mastre

    Le reggae peut aussi servir à dénoncer l'intoxication des Amérindiens par le mercure

    Le clip peut faire marrer mais ce qu'il dénonce est malheureusement la triste réalité.

    Pour le voir, c'est ici.

    1月3日

    Jour de l'an à Paramaribo

    Après les Iles du Salut, nous avons mis le cap vers l'Ouest Guyanais.
    Deux jours à Saint Laurent du Maroni, le temps de visiter les bâtiments du bagne et le petit Paris. Et puis le dimanche cap sur le Suriname!
    Toujours la même expédition: tout d'abord se faire aborder par les piroguiers à saint Laurent qui vous propose de vous faire traverser le fleuve (chose à savoir côté guyane ils vont ont payé 4€ mais côté surinamais c'est 10 $ SRD soit 2.50€...). Arrêt aux douanes françaises. Une fois débarqué à Albina, on se fait alpaguer par les taxis. Puis passage aux douanes surinamaises. Et c'est partis à 120 km/h sur une route qui porte encore les marques de la guerre civile qui a agité le pays de 1980 à 1991. En un peu moins de deux heures nous sommes à Paramaribo. Toujours aussi belle, on y retrouve notre trois mâts des Iles du Salut.
    Le soir, le long du Suriname, le fleuve au bord duquel la ville se trouve, plein de feux d'artifice sont tirés alors que nous sommes que le 30.
    Le 31, c'est déjà la fête, dès 10h du matin! Le centre commercial est fermé à la circulation, des concerts ont lieu sur l'avenue principale et des bandas sillonent les rues. Ca pète de tout côtés: du simple pétard à la grosse bombe, en passant par une sorte de mitraillette énorme. Les mitraillettes, ces chaines de pétard avec lesquelles on jouait gosses (moi j'y jouais en tout cas), ben il faut en imaginer une bien plus grosse et qui doit faire minimum 3 m si ce n'est 5 ou 8 et se terminant par une grosse boule qui explose à la fin. Ben ils font péter ça partout dans les rues, devant les portes plus exactement et même dans les halles du marché. En plus du bruit il faut rajouter la fumée! Dans les rues ils vendent des masques de protection pour respirer et pour les yeux et on marche sur une épaisse couche rouge de pétard explosés!!!! Et ça continue comme ça jusqu'à la nuit tombée où les feux d'artifices reprennent le long du fleuve. Passé 22 h les rues se dépeuplent petit à petit et les gens rentrent chez eux allumer des feux d'artifices depuis leur jardin. Et pas des petits! Des vrais de vrais, avec la bombe qui explose et qui retombent en scintillant. Il y a aussi des feux de bengale. Il y en a tellement que la ville est enfumée, comme si le brouillard tombait, ce qui donne une drole d'ambiance dans la ville historique alors déserte. Et ça dure jusqu'à deux trois heures du matin. Et aussi le 01 et le 02 janvier. Nettement plus festif que chez nous.
    A Cayenne, c 'est un peu comme ça mais en nettement moins impressionnant.
    Un peu avant minuit on a atterit dans une boite en plein air avec que des blond(e)s, des hollandais(es). On change d'ambiance. Nous avons eu notre coupe de champagne pour les douzes coups. Et puis plus tard, un bain dans la piscine de l'auberge, sous la fumée des feux d'artifice.
    Le 01 on s'est rattrapé niveau repas en mangeant au Krasnapolsky le midi et au Thorarica le soir, deux grands hôtels de Paramaribo (le soir du 31 on a du dépenser allegrement 8€ par personne pour la bouffe et les boissons quand même, mon réveillon le moins cher!).
    Un jour de l'an qui change de l'ordinaire, y a pas à dire.
     

    Noël aux Iles du Salut

    Pour Noël nous sommes partis trois jours aux Iles du Salut avec Line et les parents.
    Arrivés le 24 vers 09h, nous avons pris notre chambre de gardien sur l'Ile Royale avant de partir faire un tour des bâtiments du bagne et de descendre se baigner dans l'eau bleu-vert des Iles. L'après midi, tour de l'île sous un ciel apocalyptique, ce qui donne une tout autre vision de ces iles paradisiaques. Mais ça reste toujours aussi beau, avec les vagues qui viennent se fracasser sur les rochers. Réveillon bien arrosé à la caipirinha à l'auberge avec une serveuse des plus sympathique. Et au lit!
    Le lendemain, le père Noël est passé sur l'île et nous a laissé nos cadeaux puis un nouveau petit tour de l'île qui nous laisse voir que la baie de Royale s'est transformé en une véritable marina: un trois mâts suédois, bateau école, le Gunilla, un paquebot allemand grand luxe, l'Europa qui arrivait tout droit de Manaus et filait aux Antilles, et moult embarcation. L'après midi petite visite de l'Ile Saint Joseph et le soir barbeuck (récalcitrant) sur Royale. Et bien sur baignade!!!
    Enfin, le 26 retour à Saint Joseph toute la journée avant de rentrer à Cayenne.
    C'est la troisième fois que je vais sur ces îles et je les trouve toujours aussi magiques! On est seulement à 15 kilomètres au large de Kourou et pourtant on se sent bien loin de la Guyane: l'eau y est bleue, il y a des cocotiers partout, ça a vraiment un côté carte postale îles paradisiaques. Et puis c'est calme! On peut voir des tortues vertes qui viennent respirer au bord de l'eau, ça grouille d'agouti, sur Royale les Aras sont en liberté ainsi que les amazones ce qui nous donne l'occasion de voir de beaux vols de perroquets, on y trouve aussi des paons et des singes (quand ils veulent bien se montrer). Non c'est vraiment classe!
    12月19日

    Communiqué du WWF Guyane

    Illegal, polluting & dangerous : the gold rush in French Guiana
    « Illégale, polluante & dangereuse : la ruée vers l’'or en Guyane française »
    : c’est ainsi qu’'est intitulé l’'article mis en ligne depuis hier sur le site Internet du prestigieux quotidien anglais « The Guardian »(1). En parallèle, un sujet a été diffusé hier soir à heure de grande écoute sur la chaîne TV « Channel 4 » avec un titre non moins percutant : « Gold disaster for French Guiana »(2) (« un désastre lié à l’or en Guyane française »).
    Ces sujets sont l’'oeuvre d’un journaliste anglais venu en Guyane en octobre, et qui s'’est invité au coeœur du phénomène de l’'orpaillage illégal en Guyane : parti de Oyapoque (Amapà), il a suivi
    pendant quelques jours des garimpeiros dans leur périple clandestin en Guyane, à la recherche du précieux minerai.
    Rien de bien nouveau pour les habitants de la région : le phénomène, donnant lieu à de régulières batailles de chiffres, reste incontrôlé en Guyane, et sur le plateau des Guyanes : la pollution des fleuves par les boues et le mercure rejetés par l’'activité d’orpaillage illégale continue d'’impacter les aires protégées (comme le Parc Amazonien et la Réserve Naturelle des Nouragues en Guyane, le Parc du Brownsberg au Suriname) et les zones de vie des populations de l’intérieur. Celles-ci se trouvent toujours confrontées aux dramatiques impacts sociaux et à l’insécurité qui accompagnent cette activité clandestine.
    La nouveauté vient probablement du fait que des médias de langue anglaise relaient maintenant
    fortement le phénomène, signe d’une préoccupation qui dépasse les frontières françaises.

    Pour le WWF, l’'orpaillage illégal demeure la principale menace sur la biodiversité à l’'échelle du
    Plateau des Guyanes, et la lutte contre ce phénomène nécessiterait une réelle politique de
    coopération transfrontalière, notamment pour le démantèlement des filières d’approvisionnement
    des sites clandestins.

    « Ce problème dépasse le simple cadre des actions de police qui, même renforcées, révèlent
    aujourd’hui leurs limites. Restreintes à nos frontières, elles n’'ont pas vocation à appréhender les
    causes sociales et économiques du phénomène. » constate Bertrand Goguillon du WWF-Guyane.

    A 6 mois de la Présidence française de l’Union Européenne (juillet 2008), cette médiatisation
    internationale ne pourra qu’'alerter l'’ensemble des Pays européens sur les récurrentes difficultés
    causées par l’'orpaillage illégal au sein de la forêt guyanaise, seule forêt tropicale sous gouvernance d’'un Etat membre de l’Union Européenne.

    WWF France
    Bureau Guyane
    N°5 Lotissement Katoury
    97300 Cayenne
    Tél.: 05 94 31 38 28
    Fax: 05 94 31 38 28
    guyane@wwf.fr

    12月12日

    Un peu de pub

    Voici le lien d'une boite qui opère en Guyane et que j'ai découvert lors de la Fête de la Science: http://rtsiage.digit-int.com/index.php
     
    Pour ceux qui sont déjà venu chez moi, retrouvez ma maison et je vous paye une bouteille de rhum en carton!
    12月11日

    Comite Central

    Allez, une petite pause musicale.
     
    Je vous laisse découvrir Comite Central, un collectif individuel qui n'a rien à voir avec la Guyane et qui fait des remix.
     
    Je vous mets en lien Mademoiselle et Big Matrice. C'est un peu spécial, je vous l'accorde mais moi j'aime bien.