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日志


8月7日

« aussi longtemps qu'il le faudra »

Decidement... je ne viens plus sur ce blog que pour pousser mon petit coup de gueule sur la Guyane.
Lors de son passage en Guyane, le petit Nicolas Sarkozy a lancé en grande pompe l'opération Harpie, plus efficace que l'opération Anaconda, pour lutter contre l'orpaillage illégal en Guyane. Cette opération devait durer « aussi longtemps qu'il le faudra ». Aujourd'hui s'en est finit! Pourquoi???
Explications ci dessous: 
 
Les causes de la conséquence :
pourquoi Harpie est remise en cage
par Gérard Police*
C’est à Brasília qu’il a été décidé de mettre en sommeil l’opération Harpie. Elle était trop efficace. Plus précisément, les tensions qui ont commencé à s’accumuler dans la région d’Oiapoque avec le succès du dispositif ont fait vibrer les fils ultrasensibles de la toile socioéconomique, géopolitique et diplomatique.

L’économie de la petite ville d’Oiapoque (certains parlent de 90%) repose sur les multiples activités liées à l’orpaillage, c’est-à-dire au pillage de la Guyane, et a sérieusement décliné ces derniers mois. C’est par Macapá que passent les flux commerciaux qui approvisionnent les garimperos clandestins de Guyane. L’économie de l’État d’Amapá, même modestement, est concernée. La nébuleuse interlope qui vit sur l’or clandestin voit ses intérêts menacés. Brasília sent monter la grogne et la pression des élus et responsables de l’Amapá, soucieux d’éviter tout risque de déstabilisation politique d’un État fragile, sous-développé, surtout quand l’un des sénateurs est un allié de poids du gouvernement Lula, José Sarney.

Les plaintes et récriminations contre la répression des forces françaises, contre les mauvais traitements subis par les Brésiliens en Guyane, les vexations et humiliations grandissantes (manipulés par le microcosme politique local et les médias écrits de l’Amapá et du Pará) se sont intensifiées avec les mesures françaises — et européennes — de lutte contre l’immigration clandestine, et l’efficacité du dispositif Harpie, après les résultats significatifs d’Anaconda. 

Les risques d’incidents se sont accrus, avec des militaires français ayant reçu consigne de riposter pourtant avec toute la mesure possible aux provocations, agressions, coups de fusil, passages en force de canots et pirogues. Le mot d’ordre absolu est de ne pas prendre le risque d’une bavure qui serait immédiatement montée en épingle et instrumentalisée dans le jeu politique de l’Amapá et, au-delà, pourrait entacher les relations entre la France et le Brésil (à quelques mois de l’année de la France au Brésil). Il y a eu en avril l’affaire Nerize, cette Brésilienne morte dans la Mana dans des circonstances confuses. La photo du cadavre flottant remorqué par les soldats français a scandalisé le parlement de Brasília. Le seuil de tolérance brésilien a été atteint.

Brasília, dont le comportement frise la paranoïa dès qu’une instance internationale se mêle d’évoquer le destin de l’Amazonie, supporte très mal toute présence étrangère forte près de sa frontière nord et amazonienne. Les promesses de coopération sécuritaire de la période Lula-Sarko sur l’Oyapock en février pèsent peu face à une mouvance nationaliste brésilienne discrète mais hypersensible et très agacée par le « vide amazonien », les « menaces contre la sécurité nationale », « la zone d’influence mili-tarisée euro-américaine » qui s’installe sur son flanc dégarni.

Un tel contexte n’est donc pas favorable à l’intensification des bonnes relations et des projets de coopération entre France et Brésil. Brasília l’a fait savoir ; Paris a fait un geste.

Sacrifiée aux intérêts supérieurs de la Nation et de la politique internationale dans l’ambiance feutrée des cabinets gouvernementaux, la Guyane française va donc devoir à nouveau affronter la recrudescence de la mise à sac de ses ressources.