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2月29日

La Guyane: incroyable... mais vraie!

De quoi donner envie d'aller en vacances en Guyane.
Sur www.tourmag.com
 
 
 
2月13日

Après j'arrête

Quelques derniers liens sur les problèmes de l'orpaillage en Guyane.
 
Un article de TF1 et une vidéo (que j'arrive pas à voir... saloperie d'internet) qui donne la parole aux orpailleurs légaux, ou "opérateurs miniers", histoire d'avoir un aperçu des différents aspects de la filière.
 
Après j'arrête avec ça et je met les photos du carnaval du Rio!
2月12日

Sarko et l'orpaillage en Guyane

La venue de Sarko en Guyane a au moins le mérite de faire parler de l'orpaillage clandestin dans la presse.
 
Ci dessous deux articles: le premier du site du Monde.fr par Laurent Marot, le second du site de RFI par Frédéric Farine. Merci Blada.com
 

Ici, la vie se paie en grammes d'or

LE MONDE | 12.02.08 | 14h34  •  Mis à jour le 12.02.08 | 15h48
CAYENNE (GUYANE) CORRESPONDANT
 
La pluie tombe sur la centaine de carbets du village, des abris sommaires recouverts de bâches en plastique noir, qui se dressent de part et d'autre d'un chemin boueux. Depuis plusieurs mois, l'endroit sert de lieu de transit, de ravitaillement et de distraction pour les orpailleurs clandestins de la Haute-Mana, au coeur de la forêt guyanaise, à plusieurs jours de pirogue de la côte atlantique.
 
Assis au bord du fleuve, Edilson, 57 ans, attend une embarcation pour regagner le littoral, et rentrer chez lui, au Brésil, dans l'Etat du Maranhao, l'un des plus pauvres du pays. "J'ai eu les deux côtes cassées dans l'effondrement d'une paroi, sur le chantier. Je vais me faire soigner au Brésil, et me reposer", dit-il, le regard perdu dans les eaux boueuses de la Mana, polluées par les rejets des chantiers clandestins des environs. Depuis sept ans, Edilson cherche fortune dans la forêt guyanaise, après avoir été garimpeiro - chercheur d'or - dans son pays. "On travaille d'abord à la main, comme les anciens, puis quand on peut, on s'achète un moteur à crédit, et on travaille avec cinq ou six personnes", explique ce petit patron. "Les ouvriers touchent 30 % de l'or, je paie les dépenses - carburant, nourriture - et ce qui reste, c'est pour moi, mais souvent, c'est pas grand-chose", souffle-t-il. Cela suffit pour financer l'école ou l'université pour ses trois enfants. "Ils ne feront pas comme moi, ils font des études", se réjouit l'homme.

"90 % des gens ici sont analphabètes, ou presque. Moi-même je sais à peine écrire mon nom", explique Josué, un quadragénaire efflanqué et édenté, qui court l'or depuis vingt ans, d'abord au Brésil, maintenant en Guyane. "Au Brésil, quand tu n'as pas de diplôme, tu ne trouves pas un emploi bien rémunéré, et le salaire minimum - 390 reais, 150 euros - ne suffit pas pour faire vivre ta famille", déplore-t-il. En six mois, il dit avoir envoyé à sa famille près du double de ce qu'il aurait gagné avec un smic brésilien.

Pour changer de vie, tous rêvent du filon, comme celui découvert l'an dernier à vingt kilomètres de là, sur un site désormais bien connu de tous les clandestins de Guyane. "Celui qui a découvert le site en est parti avec 100 kg d'or. Puis nous sommes arrivés, et nous avons constitué une coopérative, avec plusieurs associés", témoigne Lourivaldo, l'un des associés de la "coopérative". "Nous avons sorti 200 kg d'or, et moi j'ai fait un bénéfice de 4 kg", dit-il, en exhibant une pierre du site, où brillent des paillettes d'or. L'homme ne se déplace pas sans son fusil à pompe de calibre 12, et il se dit fatigué de l'insécurité qui règne désormais autour du site, où trois personnes sont mortes ces derniers mois, à la suite de vols et de bagarres.

La plupart des garimpeiros de Guyane ne connaîtront jamais la joie de découvrir un filon, et dépenseront sur place les quelques grammes d'or arrachés à la forêt. Dans le village, on trouve une boulangerie, des cantines, un bijoutier, des petites épiceries et, le soir venu, des femmes qui dansent sur la piste de discothèques de fortune et vendent leurs corps pour quelques grammes d'or.

"Ici, tout est très cher, se plaint Josué. Le kilo de riz, c'est un gramme et demi d'or - environ 27 euros au cours de l'or en forêt, non affiné -, le pain, un demi-gramme d'or (9 euros), un oeuf, deux dixièmes de gramme (3 euros)...", précise-t-il. Ces tarifs exorbitants s'expliquent par le coût très élevé du transport des marchandises de contrebande, depuis Paramaribo, capitale du Surinam voisin. "Cela coûte 300 grammes d'or, près de 5 000 euros, pour faire venir clandestinement quatre tonnes de fret d'Albina, au Surinam, en voiture jusqu'à Saut Sabbat, puis en remontant le fleuve Mana", précise Isaias, qui tient un carbet épicerie au village. "Le voyage dure huit jours, et le double quand les eaux sont plus basses, c'est très dur", confie le jeune homme. "C'est un jeu, parfois vous gagnez, et puis parfois, vous perdez", poursuit-il, faisant allusion aux risques de naufrage, ou aux barrages de gendarmes. "Les gendarmes ont déjà saisi ma pirogue, brûlé les marchandises, et même mon carbet", explique Luisa, sa voisine de carbet, qui achète elle aussi des marchandises au Surinam, pour les amener jusqu'au village. Le fret est ensuite acheminé sur les chantiers à dos d'homme ou par des "quads", des petites motos à quatre roues capables de transporter des fûts de carburant de 200 litres, qui empruntent un réseau de pistes clandestines, sous couvert forestier.

A vingt minutes à pied du village, un orpailleur nous emmène voir les restes d'un chantier, un trou rempli d'eau en pleine forêt. "Nous évitons de faire tomber les arbres, explique-t-il, pour nous cacher des gendarmes." Dès qu'un hélicoptère se fait entendre, les yeux scrutent le ciel. "Ici, les gens craignent à tout moment une intervention, et pour un rien, ils vont cacher leurs marchandises dans la forêt, ou les moteurs dans l'eau", se moque notre guide. "Quand vous êtes arrivés dans le village, beaucoup sont allés se cacher, croyant que vous étiez des gendarmes", poursuit l'homme. Deux jours avant notre arrivée, une opération "Anaconda" a touché un site distant de quelques kilomètres. La nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre, grâce au réseau de radio HF qui couvre l'intérieur de la Guyane. Dans chaque village, le carbet radio est le lieu où les garimpeiros viennent contacter leur famille, via un opérateur téléphonique brésilien, mais aussi donnent l'alerte en cas d'approche de gendarmes. Parfois aussi, il sert à contacter le SAMU, pour des évacuations sanitaires vers l'hôpital de Cayenne, après des accidents sur les chantiers, ou des crises sévères de paludisme. Pour nombre de garimpeiros, le rêve finit souvent dans une impasse, au beau milieu de la forêt, loin des leurs.

"Beaucoup viennent ici en pensant faire fortune, mais au bout du compte, ils n'ont même pas de quoi revenir au pays. Ils tombent malades et ils ne repartent plus", témoigne Luisa, qui a laissé ses deux enfants au Brésil pour tenter l'aventure de la contrebande sur les sites clandestins. "J'en connais qui sont là depuis trois ou quatre ans, ajoute-t-elle, et ils ne sont jamais rentrés chez eux, car ils n'en ont pas les moyens. Moi aussi j'ai peur que cela m'arrive."

Laurent Marot
 
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Sarkozy déclare la guerre aux orpailleurs clandestins

par Frédéric Farine

Article publié le 12/02/2008 Dernière mise à jour le 12/02/2008 à 05:30 TU

A Camopi, Nicolas Sarkozy a annoncé une opération inédite pour lutter contre l'orpaillage clandestin qui pollue les rivières de Guyane depuis quinze ans. Le président de la République compte mobiliser un millier d'hommes. Le GIGN (Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale) est sur place depuis une quinzaine de jours. Mais la montée du cours de l'or complique le combat de la France.
 

Alain est infirmier depuis six ans à Camopi, village isolé au sud-est de la Guyane à la frontière du Brésil.  « Depuis 2 ans, les opérations de destruction des sites aurifères illicites ont augmenté », reconnait-il en attendant l'arrivée du président de la République dans cette commune amérindienne isolée à la frontière du Brésil « mais l'orpaillage clandestin se poursuit. A 20 minutes de pirogue, rive brésilienne, il y a un village où transitent des tracteurs, des moteurs, des quads, du carburant, tout le matériel d'orpaillage en partance pour la Guyane. Les policiers brésiliens sont plutôt passifs », regrette-t-il.

«Il n'y a pas de réelle volonté des Brésiliens de lutter contre cet orpaillage illégal. Ce n'est pas chez eux et la seule des frontières où ils n'ont pas d'emmerdes, c'est celle de 700 km avec la France», nous confie un haut-gradé de l'armée pendant le discours du président de la République.

Ce mardi en rencontrant Lula à Saint-Georges-de-l'Oyapock, Nicolas Sarkozy devrait poser le problème. Le 30 novembre dernier, un avion brésilien s'est posé à Camopi pour une opération conjointe avec la France. Les policiers fédéraux brésiliens ont détruit des constructions illégales juste en face de Camopi, à Villa Brasil, sur la rive brésilienne, encore un village où beaucoup se sont enrichis du commerce lié à l'or illicite.

A Camopi, la rivière du même nom dévoile une couleur caramel, plus loin il y a la Sikini et son marron boueux ou encore l'Alikéné de couleur beige. Toutes ces couleurs attestent d'activités aurifères en amont. Nombre de rivières guyanaises ne sont plus que particules en suspension. « Les poissons y meurent », a reconnu Nicolas Sarkozy avant d'ajouter devant les habitants de Camopi « l'Etat n'a pas toujours été irréprochable à votre égard ». En Guyane, en décembre, un sondage a révélé que 75% des interrogés considéraient que la lutte de l'Etat contre l'orpaillage clandestin n'était pas satisfaisante.

« Il ne suffit pas de courir après les hommes dans la forêt »

« Les orpailleurs sont très organisés, ils creusent des layons (sentiers) dans la forêt pour éviter le barrage des gendarmes sur la Sikini, puis des pirogues les attendent plus loin », indique René Monerville, piroguier amérindien de Camopi. Aux grands maux les grands remèdes. « A partir de la semaine prochaine, la République va engager 1 000 hommes en Guyane dans une opération qui utilisera des matériels faisant appel à des technologies jamais utilisées sur le territoire français. Elle durera aussi longtemps qu'il le faudra », a annoncé Nicolas Sarkozy.

« Plus de 500 renforts en hommes », selon un proche du président. Une petite dizaine de policiers du GIGN sont présents pour l'action et la formation depuis deux semaines. Selon le général Carpentier, commandant des forces armées « nous devons bénéficier du renfort de deux compagnies soit entre 300 et 400 hommes ». Un Airbus de l'armée est arrivé avec les premiers renforts vendredi 8 février. Deux autres avions sont attendus le 14 et le 16. Les forces de l'ordre bénéficieront pour l'opération d'un Transall et de deux hélicoptères Puma de plus. L'hélicoptère EC145 de la gendarmerie promis par le ministre de l'Intérieur Sarkozy pour Noël 2003 est arrivé fin novembre 2007.

« Cette mobilisation de 1000 hommes est pour une durée indéterminée. On attend de voir avant de juger de son efficacité », a commenté la députée divers-gauche, Chantal Berthelot. Christiane Taubira, l'autre députée Guyane se dit perplexe : « Ce président n'arrive pas à comprendre que ces activités clandestines ont des raisons d'abord économiques et sociales. Ces garimpeiros viennent des Etats pauvres du Brésil. Ils ont aussi envahi le Surinam, le Guyana et le sud du Venezuela. Il ne suffit pas de courir après les hommes dans la forêt amazonienne. Surtout qu'en l'annonçant si pompeusement une semaine avant, on leur permet de se camoufler. On ne pourra pas régler ce problème sans véritable coopération entre la France et le Brésil. Car la hausse du cours de l'or réduit le risque pour l'orpailleur ».

« De grosses opérations en forêt repoussent des illégaux vers le littoral et cela risque d'y augmenter la délinquance. C'est une donnée à prendre en compte », analyse Georges Patient, le maire de Mana (ouest guyanais).

« Nous devons nous attaquer aux commanditaires », a aussi indiqué Nicolas Sarkozy. Un GIR (Groupe d'intervention régional) a été créé en Guyane en octobre 2006 pour remonter les filières de financement de l'orpaillage illicite : « Cela fait un an qu'on nous annonce des mises en examen », glose Christiane Taubira. «Dans les 6 mois à venir, il y a des notables guyanais qui vivent de la logistique de l'orpaillage illicite qui pourraient tomber », assure une source proche du dossier. Fin 2006, selon un document de l'ONF (Office national des forêts) non rendu public, 5 122,8 hectares avaient déjà été exploités illégalement en Guyane.